L’avenir des langues minoritaires
dans la mondialisation
Facteurs mondiaux : l’impact de la mondialisationÂ
L’avènement des moyens de communication et la rapidité avec laquelle une nouvelle fait le tour du monde sont des effets concrets et bien visibles de cette mondialisation. Les frontières disparaissent, des associations se créent, des amitiés se forgent entre régions du monde très éloignées. Internet est, à ce titre, un exemple évident d’outil permettant l’échange d’informations, d’idées et connaissances sur toute la planète. Avec ce nouveau moyen de communication, plus aucun territoire n’est complètement isolé . Dans la mesure où tous les deux possèdent ce nouveau moyen, un Bouriate peut échanger directement avec un Inuit du Grand Nord canadien. Dans ces circonstances, peu de choses échappent aux citoyens unis dans ce mouvement planétaire. Si bien souvent la langue d’échange est l’anglais, la réalité d’une Lingua Franca (langue d’échange au niveau mondial) est bien loin de l’enjeu réel de l’avenir des langues régionales. L’influence que prend la culture anglo-saxonne sur toute la planète est bien réelle mais ne saurait a elle seule favoriser le déclin de certaines langues régionales.
Un autre facteur important lié à la mondialisation est l’intérêt soulevé par les échanges de plus en plus grands entre communautés des quatre coins du monde. Les moyens de communication actuels nous permettent réellement et concrètement d’échanger avec des cultures autrefois isolées. Depuis l’avènement de ces échanges entre les régions autrefois inaccessibles, les minorités linguistiques sont moins isolées (et par conséquent, moins fragiles). Mais les choses changent et si la distance était un obstacle, la mondialisation permet actuellement aux gens des quatre coins du monde de s’intéresser à l’avenir de certaines langues en voie de disparition. Pensons aux associations de plus en plus nombreuses qui cherchent à tisser des liens entre les diverses minorités (linguistiques, culturelles, religieuses) du monde. Ces échanges favorisent le développement de politiques et de moyens concrets permettant à ces peuples de résister aux côtés plus sombres de cette nouvelle vague cherchant à uniformiser les cultures et les valeurs.
Enfin, cette capacité que nous avons actuellement à être en contact avec les parties les plus éloignés du globe, a un impact énorme sur la prise de conscience des différents processus d’assimilation qui se produisent encore. La culture et la langue tibétaines sont sur ce point, un exemple éloquent de l’effet bénéfique. La situation qui prévaut en Chine en ce qui a trait à la culture tibétaine nous laisse présager le pire : assimilation, perte de l’identité, acculturation. Mais si ce côté sombre est clairement établi par les nombreux écrits et reportages qui sont effectués dans cette partie du monde, ils ont aussi l’effet de nouer des liens et des associations veulent promouvoir la culture en voie de disparition : des organismes voient le jour, des méthodes de langues tibétaines sont écrites, des recherches sont effectuées et contribuent ainsi à l’essor, au développement et au rayonnement d’une langue et d’une culture qui, sans ces nouveaux moyens de communication, serait sans contredit vouées à disparaître. Il est vrai que trop peu de langues minoritaires reçoivent l’intérêt mondial dans une ampleur aussi grande.
Le mongol constitue un autre exemple de langue autrefois isolée mais gagnant aujourd’hui en popularité à force que les étrangers découvrent les charmes de cette région du monde. Cet engouement pour l’exotisme et la nouveauté se développe en grande partie grâce à l’ouverture de ces régions du monde, politiquement isolées les unes des autres pendant de nombreuses décennies. On pourra être impressionné par le nombre de méthodes et de grammaires mongoles qui ont été écrites en langues anglaise, russe et allemande. Cet engouement est d’autant plus présent que la culture et la langue mongole sont soutenues par un appareil politique : l’état mongol.