L’avenir des langues minoritaires
dans la mondialisation
Plurilinguisme affirmé et valorisé
Même si la réalité en ce qui concerne l’avenir de langues plus régionales dépend de facteurs très complexes et parfois imprévisibles, il est réaliste de croire que l’avènement de la mondialisation peut avoir certains effets bénéfiques pour certaines langues et d’autres plus négatifs pour les autres.
Pour favoriser la survie et l’épanouissement des langues dans le monde, il est essentiel que les divers gouvernements, sous l’égide d’un organisme doté de mécanismes légaux, se prononcent haut et fort pour affirmer et valoriser le plurilinguisme. Le principe d’égalité doit absolument être à la base de toutes les politiques gouvernementales en particulier dans les régions du monde à forte densité de peuples linguistiquement différents. La promotion d’identités régionales n’empêche en rien l’avènement d’une deuxième identité pan-nationale. De la même façon qu’un Québécois est fier de sa langue, il sent aussi cette fierté d’être « Canadien » lorsqu’il voyage sur d’autres continents. Rien n’empêche qu’un Tibétain de par sa langue, sa culture et sa religion se dise aussi Chinois. Car si sa langue et sa religion sont différentes, il peut partager des valeurs communes avec l’ensemble des habitants de ce vaste territoire.
Chose certaine, toute communauté linguistique doit absolument se doter de politiques et de lois claires concernant le développement et l’utilisation de sa langue nationale. Sans ces politiques, il est raisonnable de croire que les petites communautés linguistiques seront ensevelies sous l’influence des langues dont le poids économique attirera les nouvelles générations.Â
Mais tant que les gouvernements nationaux percevront dans la différence culturelle, une menace à leur intégrité et à leur existence, ces politiques seront difficiles à mener. Il devient donc primordial que des modèles de prise en charge du plurilinguisme soient développés et étudiés afin de sauvegarder la richesse extraordinaire du patrimoine linguistique de la planète.
Ces exemples de sociétés plurilingues existent et les pays où cohabitent de nombreuses entités autonomes peuvent s’inspirer de ces modèles dans la recherche d’un équilibre, élément indispensable à la survie de l’héritage linguistique mondial.
Mais le réel progrès se fera lorsque les mots identité et égalité ne s’opposeront plus, mais réussiront à unir leur discours.
Louis-Simon Roy
Diplomé en Travail social
Auteur de Introduction à la langue mongole
www.voyagemongolie.com